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Culture

Les 57es rencontres photographiques d'Arles veulent "relire" des mondes complexes

3min

Par Maritima 02/04/2026 à 14:34

Alors que la photographie s'apprête à célébrer ses 200 ans, les Rencontres d'Arles, un des principaux festivals internationaux consacrés à ce mode d'expression, ont pour leur 57e édition l'ambition de "relire" la complexité du monde actuel.

En 40 expositions, sous le titre générique "des mondes à relire", les Rencontres veulent ainsi, du 6 juillet au 4 octobre dans les Bouches-du-Rhône, "offrir des pistes pour appréhender le monde sous différents angles", explique le directeur Christoph Wiesner.

Une manière d'éclairer "une période un peu complexe", sans pourtant "être liés à l'actualité comme Visa pour l'image", le grand festival de photojournalisme de Perpignan.

Traditionnellement organisées en chapitres, les rencontres se penchent notamment cette année sur les "Indépendances". Une grande exposition "Ghana! Rêver l'indépendance" retracera ainsi la construction d'un "imaginaire visuel" national dans cette ex-colonie d'Afrique de l'Ouest, pionnière de l'émancipation politique et du panafricanisme.

Des questionnements politiques qui se retrouvent en écho dans les expos du chapitre "Traversées", de l'Afrique - comme l'odyssée continentale sur "le goudron" du franco-algérien Bruno Boudjelal - ou de la Méditerranée, avec trois présentations labellisées par la "saison Méditerranée 2026" de l'Institut français.

Mais aussi dans le "Being there" (être là) du Anonymous Project, entreprise de conservation de clichés d'amateurs à travers le monde, qui présente une série de photos de la classe moyenne américaine blanche des années 1950/60, dans lesquelles est invité à "s'incruster" le portraitiste sénégalais Omar Victor Diop. "Introduire une présence noire dans cet univers ségrégué permet d'interroger le regardeur", souligne Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres.

Autre interrogation mise en avant, les "Vies sensibles" autres qu'humaines, flore et faune, avec notamment un retour sur 200 ans de photographie du "Modèle animal". Un monde "longtemps considéré comme séparé du monde humain, mais on se rend compte de la porosité entre les deux, que ce monde a toujours été là, à côté de nous", relève Christoph Wiesner.

Et dans une période où l'image est de plus en plus facilement manipulée par l'intelligence artificielle, un chapitre se penche sur les "Archives incertaines", avec notamment une exposition consacrée aux "images extraterrestres", mêlant archives - souvent des photos de ciel avec une anomalie de lumière vite interprétée comme un ovni - et oeuvres contemporaines.

Manière "d'explorer le rapport entre voir, ce que l'on croit voir et ce que l'on veut voir" en questionnant "le médium photographique, initialement conçu pour attester de la réalité", mais qui peut vite "déclencher des interprétations", analyse Christoph Wiesner.

 

© Agence France-Presse

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