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Environnement

Projet d'incinérateur à Istres : "C'est un projet déguisé et une double peine", l'alerte de l'association Respire

3min

Par Maritima 13/05/2026 à 17:20

Alors que la contestation monte contre le projet "Istres Recyclage et Énergies" (IREN) porté par Suez, l'association Respire dénonce un "déni sanitaire". Invité de Didier Gesualdi sur Maritima radio, le docteur Patrick Courtin pointe les risques liés aux dioxines, aux PFAS et à l'explosion du trafic de poids lourds. Entretien choc.

Le bras de fer entre la nouvelle municipalité d’Istres, les associations et le géant Suez franchit une nouvelle étape. Alors que l’enquête publique a été prolongée jusqu’au 2 juin, l'opposition s'organise face à ce que les autorités qualifient désormais officiellement d'incinérateur. Pour Patrick Courtin, membre de l’association Respire et mobilisé avec une dizaine d’autres collectifs, le projet masque une réalité bien plus sombre.

 

"Un incinérateur et un méthaniseur : c'est la double peine"

Pour Suez, l'installation vise à valoriser les "combustibles solides de récupération" (CSR). Un terme qui ne convainc pas l'association Respire. « Ce n’est pas que pour moi, c’est que les autorités publiques ont clairement dit qu'il faut l'appeler "incinérateur". Et il ne faut pas oublier qu'en plus, il y a un méthaniseur qui est prévu. C’est la double peine », explique Patrick Courtin au micro de Maritima.

Selon lui, les impacts environnementaux et sanitaires sont sciemment minimisés sur un territoire déjà saturé par les sources de pollution : « On en rajoute une couche sur une zone déjà saturée. L'incinérateur et le méthaniseur sont chacun responsables d'émissions de polluants qui vont s'additionner aux autres. »

 

Dioxines, PFAS et "effet cocktail"

Face à l'argument de Suez affirmant que le traitement à 1 200 degrés élimine les risques, le docteur Courtin oppose la réalité scientifique de la bioaccumulation. « Certes, les émissions ne sont peut-être pas aussi importantes que sur les anciens incinérateurs, mais il y a la présence de dioxines, de métaux lourds, de particules fines et de PFAS (les polluants éternels). Ils se bioaccumulent dans nos organismes et deviennent très toxiques. Je ne vous parle même pas de l'effet cocktail : quand vous en mettez plusieurs, la toxicité est multipliée par 10 ou par 20. »

L'association s'inquiète également du sérieux du suivi technologique, citant l'exemple de l'incinérateur d'Ivry où "pendant 7 000 heures, l’appareil d’échantillonnage des dioxines n’a pas fonctionné".

 

460 passages de camions par jour : un désastre pour l'air

L'autre point de crispation majeur concerne le transport des déchets. Si Suez évoque 230 camions par jour, Patrick Courtin rappelle qu'il faut doubler ce chiffre pour comptabiliser les rotations. « Les 230 camions ne restent pas sur le site, ils retournent aussi. Ça fait donc 460 fois qu'ils emploient la même route. La pollution atmosphérique en France, c'est 40 000 à 100 000 décès par an selon les études. On va augmenter cette pollution à cause de l'incinérateur, du méthaniseur et du trafic poids lourds. »

 

"Notre territoire a déjà pris sa part"

Pour les opposants, le choix d'Istres est d'autant plus inacceptable que la zone supporte déjà une part importante du traitement des déchets régionaux, entre l'incinérateur de Fos-sur-Mer et la décharge d'Entressen. « Plus on consomme, plus il y a de déchets. Comme très peu sont recyclables, soit on les enfouit et on pollue les sols, soit on les brûle et on pollue l'atmosphère », déplore-t-il, dénonçant un déni des pouvoirs publics.

 

Une nouvelle réunion publique cruciale se tiendra le 18 mai prochain à Istres, en présence de Suez, de la municipalité dirigée par Robin Prétot et du commissaire enquêteur.

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