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Marseille: au procès des meneurs de la DZ Mafia, les accusés nient en bloc

2min

Par Maritima 26/03/2026 à 07:30

Le troisième jour de procès de ces chefs présumés s'est terminé hier soir.

"Je suis chef de rien du tout, je suis père de mes enfants" : au troisième jour de son procès, Amine Oualane a nié mercredi son appartenance à la DZ Mafia alors que la police judiciaire le désigne comme l’un des patrons du cartel marseillais.

Invités à livrer leur position sur leur implication présumée dans un double assassinat commis en 2019, bien avant l’apparition de la Dz Mafia, les cinq accusés ont unanimement affirmé leur innocence.

"J’espère que vous allez faire abstraction du déferlement médiatique que je subis depuis des mois pour me juger en bonne et due forme", a demandé Gabriel Ory, présenté comme un autre chef présumé de l’organisation criminelle.

"J’ai rien à voir avec ces faits, s’est défendu Amine Oualane. Tout le monde est innocent dans le box, c’est une enquête à charge", a-t-il ajouté, disant vouloir répondre à la déposition de l'expert-psychologue, la veille devant la cour d’assises.

Cette professionnelle avait relevé des traits antisociaux chez l’accusé et pointé son défaut d’empathie. "Il faut avoir grandi où j’ai grandi, des quartiers où ça se tue depuis que j’ai dix ans", a-t-il expliqué avant d’évoquer "les journalistes (qui) racontent des conneries quand ils disent que j’étais impliqué dans l’affaire Amra".

Lors de l'interrogatoire sur sa personnalité, Gabriel Ory a longuement évoqué ses conditions de détention dans les deux quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). "Condé-sur-Sarthe est plus sécuritaire car il y a des détenus violents, des terroristes mais il y a une communication avec la direction, y compris pour avancer dans ma vie, dans ma réinsertion. A Vendin-le-Vieil, rien n’allait : pas d’école, pas de communication".

Evoquant l’hygiaphone pour les parloirs dans ces QLCO, Gabriel Ory accuse "le ministère (de la Justice) de faire mal à la famille". "Un parloir normal, c’est de l’oxygène, ça recharge les batteries pour une semaine. Mais à voir sa famille derrière l’hygiaphone, on devient une cocotte-minute".

Parlant à toute vitesse, Gabriel Ory a reconnu que "tout va bien" dans ces nouvelles prisons mais a dénoncé le sort plus favorable qui serait réservé aux terroristes : "des gens qui tuent 200 civils, ils ont des parloirs normaux et moi, je n’ai pas le droit de toucher ma famille".

"Le ministre montre les gros bras mais je suis persuadé que c’est contreproductif. Ça va se retourner contre lui", a conclu l’accusé qui assure "assumer ce pour quoi il a été condamné".

Dans un rapport de l’administration pénitentiaire lu par la présidente de la cour, il est fait état de ses "rapports corrects avec le personnel" et d’une "influence sur la population carcérale de par son statut à l’extérieur".

© Agence France-Presse

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